C'était un soir, ou plutôt une fin d'après-midi. La nuit commençait à recouvrir les habitations de son voile bleuté. J'étais venu la chercher, l'attendant au volant de la voiture, à quelques mètres de chez elle. Bientôt, elle arriva. Ce soir, c'était soirée discothèque à deux. J'avais l'impression d'adorer ce genre de sorties.
Nous roulâmes pendant un certain temps, peut-être trois quarts d'heure, peut-être deux heures, je n'en ai aucun souvenir. Arrivés à destination, nous descendîmes de la voiture. Sous l'éclairage du hall d'entrée de la discothèque, je la voyais entièrement pour la première fois de la soirée. Elle devait avoir au plus 17 ans. "Petite bourgeoise bêcheuse maquillée comme un carré d'as", à la Renaud dans Marche à l'Ombre, elle était vraiment très belle.
Le début de la soirée se passait à merveille. Nous avons dansé comme les plus clubbers des clubbers, sur du David Guetta. Le pire, c'est que j'aimais ça. Puis à un moment, ma délicieuse amie me demanda de l'accompagner jusqu'à l'entrée des toilettes pour soi-disant "se rafraîchir". Mon oeil, ouais ! Le secret de polichinelle par excellence ! Comme si on ne connaîssait pas la faible contenance de leurs vessies... Enfin, ayant ingurgité une quantité appréciable de boissons en tous genres, j'en avais profité pour aller moi-même me délester des litres superflus.
J'étais revenu à l'endroit où je l'avais laissée. J'ai attendu 5, puis 10 minutes. Toujours personne. Une fille sortit des toilettes. Je lui demandai si elle avait vu une fille brune mignonne à l'intérieur. Elle me répondit que non. J'ai alors commencé à demander à tout le monde si personne ne l'avait vue, mais force était de constater que la description physique que j'avais d'elle était bien insuffisante pour la distinguer d'une autre jolie brunette.
Trente bonnes minutes étaient passées, j'étais assis par terre contre un des murs, à proximité de l'entrée des toilettes, la tête basse (l'alcool aidant). Puis je la vis arriver, bras dessus-bras dessous avec un type. J'ai du reconnaître qu'elle ne paraîssait plus très fraîche. J'ai bien mis quelques secondes à comprendre ce qui se passait. Elle m'a expliqué que lorsqu'elle était sortie, elle ne m'avait pas vu devant la porte, et tout naturellement, qu'elle était retournée danser avec le premier con venu. Puis, se retournant vers sa nouvelle conquête (pour moi, c'était une attitude rédhibitoire), elle lui lança : "attends-moi un instant, je vais me rafraîchir". Je décidai alors de quitter la discothèque. En passant devant l'Opportuniste, je lui tapotai l'épaule en lui souhaitant en rapide et sincère "bon courage".
E poi, mi sono alzato a questo momento, pieno di sudore.