03 - Une histoire de la musique

03 - Une histoire de la musique
La musique et moi, c'est une grande histoire d'amour, si l'on y réfléchit bien. Si elle adoucit les moeurs, comme le dit l'adage, elle fait également évoluer les gens qui prennent le temps de réfléchir sur son sens véritable.

Bien sûr, je suis conscient d'avoir écouté de la merde, à différentes époques de ma courte vie. Du rap, à une époque où je me cherchais, et où, mal dans ma peau, je cherchais à m'affirmer, paradoxalement en me complaisant dans le mouvement de masse, pour "faire comme les autres", en somme. Puis lucide, j'ai abandonné ce style de musique, pour passer à la pire période de ma vie, musicalement parlant, j'entends. A écouter en boucle des disques de Shakira, on en perd le sens des réalités (étant dans ma période "pervers", j'affichais une admiration sans bornes pour son fessier, et j'avoue que sur le moment, la jaquette de son album m'avait fortement réjoui).

Puis tel un phare qui éclaire la mer, la lumière m'est apparue en pleine gueule. Le rock. Le vrai, le pur, le dur. Celui-là même qui ne donne pas vraiment envie d'être écouté, si on se limite à l'impression que laissent les gens arborant fièrement les T-shirts de leurs groupes favoris. Je déteste ma disposition à juger trop hâtivement. Du coup, Iron Maiden, Metallica, AC/DC, Black Sabbath, tout y est passé. Remontant la chronologie de l'histoire de la musique, j'ai même eu une période Led Zeppelin. Puis Nirvana. Ma plus longue lubie musicale. Pendant plus d'un an, j'écoutais en boucle et exclusivement les albums de Cobain et ses copains. Lassé par le toutefois excellent Nevermind, toute la discographie y est passée. En lisant diverses biographies de Cobain, j'ai alors compris que la musique, ce n'était pas seulement taper sur une caisse, ou encore gigoter des cordes sur une caisse emmanchée. C'est quelque chose de tout à fait différent. La musique, c'est une manière comme une autre d'exprimer ses émotions, et je ne le concevais pas du tout auparavant. Celui qui n'assimile pas ça n'a rien compris à la musique. De Nirvana, je garderai longtemps en tête cette prise de conscience, bien qu'appréciant me réécouter de temps à autres les albums Bleach (le premier, très sauvage), et surtout le live Unplugged In New York (rempli d'émotion, et enregistré seulement quelques mois avant le "suicide" de Kurt Cobain). Même si la magie de mes premières écoutes s'est peu à peu estompée.

Depuis, j'aurais tendance à dire que je me suis assagi, au niveau musical. Je n'irai, cela dit, pas jusqu'à parler de maturité, car quiconque me connaît un minimum me rirait au nez. Trop fantasque. En somme, Coldplay, Radiohead, Oasis, Cat Power, Tété, font partie de mon nouveau paysage musical, depuis près de deux ans, moins pour certains. J'ai investi à cette période dans une gratte sèche. Je l'ai achetée y a deux ans, parce que je pensais pouvoir draguer avec. Et en effet, pas besoin de savoir en jouer, porter une guitare dans la rue, c'est comme se ballader avec une étiquette où il est écrit "Attention, artiste", ça attire l'attention. Comme je savais pas en jouer, je trouvais des prétextes, genre "elle est pas accordée", et j'égrainais trois notes en disant "t'as vu comme elle sonne mal ?".

Mais aujourd'hui, vu que j'ai du temps à tuer et que je suis plutôt sur les nerfs, je me calme en grattant une heure et demie, deux heures par jour. C'est pas encore terrible, mais je fais des efforts. J'apprends en dilettante, c'est plus valorisant. Et puis un collègue autodidacte qui se reconnaîtra s'il lit ceci, m'a gracieusement proposé son aide en cas de besoin.

J'aime jouer, j'aime chanter, j'aime écrire, j'aime créer, j'aime imaginer des choses inconcevables.
J'ai un BTS en comptabilité-gestion. Ah, je suis désorienté.


# Posté le dimanche 02 septembre 2007 18:47
Modifié le jeudi 13 septembre 2007 10:48

02 - Rêve obscur (ou une histoire de rafraîchissement)

Edito : Avant de commencer, je tiens à préciser pour une certaine personne qui se reconnaîtra (^^) que le titre de l'article n'est nullement une référence au gothisme, ou à quelque chose de ce genre. Obscur, c'est dans le sens d'inconnu, de perturbant, de difficilement compréhensible. C'est un rêve que j'ai fait il y a de cela quelques jours, et qui a cela d'étonnant : je m'en rappelle encore...


C'était un soir, ou plutôt une fin d'après-midi. La nuit commençait à recouvrir les habitations de son voile bleuté. J'étais venu la chercher, l'attendant au volant de la voiture, à quelques mètres de chez elle. Bientôt, elle arriva. Ce soir, c'était soirée discothèque à deux. J'avais l'impression d'adorer ce genre de sorties.

Nous roulâmes pendant un certain temps, peut-être trois quarts d'heure, peut-être deux heures, je n'en ai aucun souvenir. Arrivés à destination, nous descendîmes de la voiture. Sous l'éclairage du hall d'entrée de la discothèque, je la voyais entièrement pour la première fois de la soirée. Elle devait avoir au plus 17 ans. "Petite bourgeoise bêcheuse maquillée comme un carré d'as", à la Renaud dans Marche à l'Ombre, elle était vraiment très belle.

Le début de la soirée se passait à merveille. Nous avons dansé comme les plus clubbers des clubbers, sur du David Guetta. Le pire, c'est que j'aimais ça. Puis à un moment, ma délicieuse amie me demanda de l'accompagner jusqu'à l'entrée des toilettes pour soi-disant "se rafraîchir". Mon oeil, ouais ! Le secret de polichinelle par excellence ! Comme si on ne connaîssait pas la faible contenance de leurs vessies... Enfin, ayant ingurgité une quantité appréciable de boissons en tous genres, j'en avais profité pour aller moi-même me délester des litres superflus.

J'étais revenu à l'endroit où je l'avais laissée. J'ai attendu 5, puis 10 minutes. Toujours personne. Une fille sortit des toilettes. Je lui demandai si elle avait vu une fille brune mignonne à l'intérieur. Elle me répondit que non. J'ai alors commencé à demander à tout le monde si personne ne l'avait vue, mais force était de constater que la description physique que j'avais d'elle était bien insuffisante pour la distinguer d'une autre jolie brunette.

Trente bonnes minutes étaient passées, j'étais assis par terre contre un des murs, à proximité de l'entrée des toilettes, la tête basse (l'alcool aidant). Puis je la vis arriver, bras dessus-bras dessous avec un type. J'ai du reconnaître qu'elle ne paraîssait plus très fraîche. J'ai bien mis quelques secondes à comprendre ce qui se passait. Elle m'a expliqué que lorsqu'elle était sortie, elle ne m'avait pas vu devant la porte, et tout naturellement, qu'elle était retournée danser avec le premier con venu. Puis, se retournant vers sa nouvelle conquête (pour moi, c'était une attitude rédhibitoire), elle lui lança : "attends-moi un instant, je vais me rafraîchir". Je décidai alors de quitter la discothèque. En passant devant l'Opportuniste, je lui tapotai l'épaule en lui souhaitant en rapide et sincère "bon courage".

E poi, mi sono alzato a questo momento, pieno di sudore.

# Posté le lundi 06 août 2007 05:31
Modifié le samedi 11 août 2007 18:29

01 - Préambule

Ce soir là, il pleuvait. Je venais de sortir de l'auto-école, théâtre d'une de mes innombrables séances vidéo de code. Evidemment, je n'avais pas de parapluie, mais ça m'était égal. C'est d'ailleurs une des étrangités dont je fais preuve : j'aime marcher sous la pluie et avoir les cheveux mouillés. Il devait être 17 heures, et nous étions un Mercredi, de Décembre ou de Janvier, si ce détail peut servir à justifier les caprices du ciel. Mon bus partait à 17 heures 30, ce qui me laissait tout juste le temps de m'y rendre.

Je décidai pour une fois, de passer à travers le parc municipal, que je contournais d'ordinaire. Je fus d'ailleurs surpris de voir que, malgré la pluie, un bon nombre de personnes s'y trouvaient. De la petite vieille promenant son chien pour le faire pisser, à la bande d'enfants jouant un vague football, en passant par un groupe de littéraires savourant leur joint quotidien, que je saluai d'ailleurs brièvement de la main. J'enjambais les flaques d'eau terreuse qui recouvraient le sol ça et là, et bientôt, j'étais de nouveau sur le bitume. La gare, où j'attendais mon bus n'était plus qu'à 200 mètres. Il me semblait avoir repéré, sur le trottoir d'en face, une fille fort charmante que j'avais déjà aperçu, vers le lycée. "Semblait", car voyant très mal de loin depuis longtemps, et n'ayant jamais fait l'effort de rendre visite à un ophtalmo, je me devais de laisser cette impression au bénéfice du doute.

J'entrai dans la gare, direction la machine à café. Mon réconfort quotidien à 1 Euro, et il s'appelle "court non sucré". Et en plus, il réchauffe les mains. Je sortis du bâtiment au moment où j'entendis le bruit caractéristique de mon bus de transport scolaire. Un mélange de réacteur atomique et de machine à pain, atténué bien sûr, par les grondements et sifflements des trains partants et arrivants. C'était bel et bien celui-ci. Je traversai rapidement le quai jusqu'au bus, en prenant soin de ne pas regarder dans la direction d'Ayoub, qui m'interpelait. Ce type, il passe sa vie à la gare. Il a 16-17 ans, il bosse pas, il va pas en cours. Quand il voit quelqu'un passer dans la gare, il l'accoste, et à chaque fois, il demande des cigarettes, sauf quand il est saoul et défoncé, dans ce cas là, il se bat avec les gens qui le regardent de travers. Un jovial personnage.

Je m'installai au troisième rang, à gauche, par habitude, mais ce n'est pas plus un choix politique que pratique. Je posai mes affaires sur le siège d'à côté, et je la vois monter à cet instant. C'était bien elle que j'avais vu traverser la rue dix minutes plus tôt. Je l'ai tout de suite trouvé superbe, car naturelle. Assurément pas le genre de fille à pavoiser devant ses amies avec ses nouvelles chaussures, ou à n'avoir comme seuls sujets de conversation que chiffons et maquillage. Exactement ce que je recherchais inconsciement. Il y a des choses, des sentiments qu'on n'explique pas. Seulement, voilà. Pour aborder les filles (j'entends par là sobre), je suis médiocre. Je séduis, je suis maladroit, et je me plante. Je me considère plus comme un Pierre Richard, que comme un Richard Gere.
"Salut ! Tiens, je t'avais jamais vu prendre le car, je savais pas que t'habitais vers chez moi". C'est ce que je lui aurais dit avec le recul. Mais au lieu de cela, je suis resté silencieux, trop silencieux, la gorge sèche. C'est là que tout s'est joué. Je m'en suis rendu compte bien plus tard. On apprend de ses erreurs, et celle-ci, je l'ai regrettée, je la regrette, et je la regretterai encore quelque temps. Comment ficher en l'air une relation potentielle en l'espace d'une fraction de seconde ? Demandez-moi conseil, j'en connais un rayon.

Je suis quelqu'un de fantasque, aux trop multiples visages. Rares sont ceux qui aujourd'hui, peuvent se targuer d'en connaître la moitié.


# Posté le jeudi 02 août 2007 17:33
Modifié le vendredi 03 août 2007 06:36