Bien sûr, je suis conscient d'avoir écouté de la merde, à différentes époques de ma courte vie. Du rap, à une époque où je me cherchais, et où, mal dans ma peau, je cherchais à m'affirmer, paradoxalement en me complaisant dans le mouvement de masse, pour "faire comme les autres", en somme. Puis lucide, j'ai abandonné ce style de musique, pour passer à la pire période de ma vie, musicalement parlant, j'entends. A écouter en boucle des disques de Shakira, on en perd le sens des réalités (étant dans ma période "pervers", j'affichais une admiration sans bornes pour son fessier, et j'avoue que sur le moment, la jaquette de son album m'avait fortement réjoui).
Puis tel un phare qui éclaire la mer, la lumière m'est apparue en pleine gueule. Le rock. Le vrai, le pur, le dur. Celui-là même qui ne donne pas vraiment envie d'être écouté, si on se limite à l'impression que laissent les gens arborant fièrement les T-shirts de leurs groupes favoris. Je déteste ma disposition à juger trop hâtivement. Du coup, Iron Maiden, Metallica, AC/DC, Black Sabbath, tout y est passé. Remontant la chronologie de l'histoire de la musique, j'ai même eu une période Led Zeppelin. Puis Nirvana. Ma plus longue lubie musicale. Pendant plus d'un an, j'écoutais en boucle et exclusivement les albums de Cobain et ses copains. Lassé par le toutefois excellent Nevermind, toute la discographie y est passée. En lisant diverses biographies de Cobain, j'ai alors compris que la musique, ce n'était pas seulement taper sur une caisse, ou encore gigoter des cordes sur une caisse emmanchée. C'est quelque chose de tout à fait différent. La musique, c'est une manière comme une autre d'exprimer ses émotions, et je ne le concevais pas du tout auparavant. Celui qui n'assimile pas ça n'a rien compris à la musique. De Nirvana, je garderai longtemps en tête cette prise de conscience, bien qu'appréciant me réécouter de temps à autres les albums Bleach (le premier, très sauvage), et surtout le live Unplugged In New York (rempli d'émotion, et enregistré seulement quelques mois avant le "suicide" de Kurt Cobain). Même si la magie de mes premières écoutes s'est peu à peu estompée.
Depuis, j'aurais tendance à dire que je me suis assagi, au niveau musical. Je n'irai, cela dit, pas jusqu'à parler de maturité, car quiconque me connaît un minimum me rirait au nez. Trop fantasque. En somme, Coldplay, Radiohead, Oasis, Cat Power, Tété, font partie de mon nouveau paysage musical, depuis près de deux ans, moins pour certains. J'ai investi à cette période dans une gratte sèche. Je l'ai achetée y a deux ans, parce que je pensais pouvoir draguer avec. Et en effet, pas besoin de savoir en jouer, porter une guitare dans la rue, c'est comme se ballader avec une étiquette où il est écrit "Attention, artiste", ça attire l'attention. Comme je savais pas en jouer, je trouvais des prétextes, genre "elle est pas accordée", et j'égrainais trois notes en disant "t'as vu comme elle sonne mal ?".
Mais aujourd'hui, vu que j'ai du temps à tuer et que je suis plutôt sur les nerfs, je me calme en grattant une heure et demie, deux heures par jour. C'est pas encore terrible, mais je fais des efforts. J'apprends en dilettante, c'est plus valorisant. Et puis un collègue autodidacte qui se reconnaîtra s'il lit ceci, m'a gracieusement proposé son aide en cas de besoin.
J'aime jouer, j'aime chanter, j'aime écrire, j'aime créer, j'aime imaginer des choses inconcevables.
J'ai un BTS en comptabilité-gestion. Ah, je suis désorienté.